MISE À JOUR (Juillet 2009)

Le 9 août 2009 prochain marquera le premier anniversaire de la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, à Montréal-Nord, aux mains de la police. Plus de vingt ans après que Anthony Griffin, 19 ans, ait été abattu à NDG par le SPVM, l’impunité sévit toujours.

Bien que, quotidiennement, les agents du SPVM harcèlent, injurient, recourent au profilage, attaquent et même tuent, leurs actions n’entraînent pratiquement jamais de réprimandes sérieuses. Lorsque les familles des victimes exigent que des comptes soient rendus et que les enquêtes sur ces abus soient menées en toute transparence, la police recoure à l’intimidation juridique pour tenter d’empêcher les enquêtes publiques (à preuve la récente tentative par la Fraternité des policiers et policières de Montréal de faire annuler une enquête du coroner sur les circonstances entourant la mort de Mohamed Anas Bennis à Côte-des-Neiges, le 1er décembre 2005). Et comme c’est toujours des policiers qui enquêtent sur les abus et les bavures d’autres policiers, ces derniers bénéficient systématiquement d’un traitement préférentiel (voir les premières étapes de l’enquête dans l’affaire Villanueva, où il été révélé que les enquêteurs de la SQ n’ont jamais interrogé les officiers impliqués dans l’assassinat de Fredy).

Depuis son lancement, en avril 2009, ce site a retenu l’attention de la police, dont les porte-parole n’ont pas hésité a qualifié l’initiative de « haineuse » dans les médias de masse. Leur réaction révèle surtout leur paranoïa et leur peur : la même paranoïa et la même peur qu’ils manifestent brutalement dans nos rues et dont les membres de nos communautés font les frais.

Ce site Internet est voué au souvenir et s’oppose à l’oubli : nous voulons que la résistance à la brutalité policière s’enracine dans la connaissance particulière des victimes de l’impunité. Nous avons tenté d’accomplir cela en documentant et en rendant publique une campagne de graffitis portant simplement le nom et l’âge des personnes assassinées par la police de Montréal.

Dans les mêmes articles de presse, la Ville de Montréal a indiqué que les graffitis documentés sur ce site Internet seront effacés « en priorité ». Cette ordonnance n’a pas empêché la ou les personnes impliquée(s) d’utiliser les murs de la ville pour rappeler à la mémoire collective les noms des victimes de la brutalité policière. Il paraîtrait que la volonté d’afficher ces noms dans les rues de Montréal est également une question « prioritaire » pour certains membres de la communauté.

Ceci est notre première mise à jour publique depuis que le site Internet a été lancé en avril dernier ; nous vous encourageons à partager cette mise à jour largement, à la transmettre par courriel ou par d’autres moyens à tous vos contacts. Les nouveaux articles sur le site incluent :

— De nouvelles photos des graffitis qui sont apparus un peu partout à Montréal : NDG, Côte-des-Neiges, Montréal-Nord, Mile-End et ailleurs … ;
— Des messages des familles Fernandez et Villanueva ;
— Une cinquantaine de textes présentant et analysant le contexte des assassinats policiers à Montréal ;
— Une section vidéo ;
— Des renseignements sur les événements à venir, y compris le festival Hoodstock et la manifestation du 9 août prochain à la mémoire de Fredy Villanueva;
— Et plus…

Veuillez envoyer vos photos, articles, vidéos, liens ou tout autre element que vous jugez approprié au site flics-assassins.net à l’adresse suivante: montrealkillercops@gmail.com

Ce site Internet a été conçu par un groupe autonome et anonyme de MontréalaisES outréEs par la brutalité policière et le climat d’impunité qui règne dans cette ville. Nous ne sommes affiliéEs à aucun groupe, collectif ou coalition en particulier. Nous n’apportons qu’une modeste contribution aux efforts soutenus visant à contrer l’offensive policière dans nos communautés.

Alors que les flics de Montréal et leur Fraternité (ainsi que les politiciens qui les soutiennent) s’efforcent de justifier leurs assassinats, de nier le profilage racial, de faire échouer des enquêtes publiques et d’encourager des mesures publiques qui n’ont pour effet que d’accroître le pouvoir de la police et de pérenniser l’impunité, nous nous portons solidaires de ceux et celles qui, avec courage et ténacité, confrontent la repression policière.

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