Métro Montréal: Anas Bennis: la famille dénonce la poursuite de la Fraternité des policiers

IMG_0237CAROLINE ST-PIERRE, MÉTRO
22 octobre 2008 03:34
La famille d’Anas Bennis, tué par des policiers montréalais en décembre 2005, dénonce la poursuite de la Fraternité des policiers et policières de Montréal pour faire annuler l’enquête publique déclenchée par la coroner en chef du Québec. La famille prétend que la Fraternité a bénéficié injustement d’éléments de preuve qui lui ont toujours été refusés.

Le 3 juin, la coroner en chef Louise Nolet ordonnait une enquête publique sur les circonstances entourant la mort d’Anas Bennis. Le 20 août, la Fraternité engageait une poursuite judiciaire, jugeant l’enquête «illégale».

La Fraternité s’appuie sur le rapport d’enquête du Service de police de la Ville de Québec et l’opinion juridique du procureur de la Couronne, qui blanchissent les policiers impliqués dans le drame. Ces documents ont toujours été refusés à la famille Bennis, qui réclame des explications depuis maintenant trois ans.

Une enquête publique nécessaire

«La famille Bennis peut-elle penser que, si ce rapport d’enquête a été communiqué par des policiers de la Ville de Québec par esprit de solidarité, ceux-ci pouvaient ne pas avoir toute l’impartialité et la trans-parence nécessaires pour faire enquête?» a demandé Me Alain Arsenault, l’avocat de la famille.

Il considère l’enquête pu­bli­que du coroner d’autant plus essentielle. «L’enquête [initiale] a été menée par un corps policier pour un autre corps policier. Il y a là un problème de transparence et d’éthique», a-t-il dénoncé.

Yves Francœur, le président de la Fraternité, qualifie l’enquête publique du coroner d’acharnement procédural. «Si nous avons décidé de contester juridiquement la pertinence de l’enquête […] c’est parce qu’il doit y avoir une limite à chercher des coupables là où il n’y en a pas», a-t-il déclaré.

«On ne s’acharne sur per-sonne, a répliqué Me Arse-nault. Peut-on avoir une enquête publique et transparente? Avant d’utiliser leur arme à feu, les policiers
doivent savoir qu’ils devront rendre compte de leur geste.»

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