COBP: Rohan Wilson, 28 ans

Le 21 février 2004, Rohan Wilson, un Noir âgé de 28 ans, meurt après s’être fait arrêter par six agents du SPVM.

Résumé du cas : Wilson venait de débarquer de l’auto conduite par sa femme pour marcher quelques coins de rues jusqu’à chez lui. La police dit qu’elle a répondu à un appel pour un homme qui marchait à contresens au milieu de la rue St-Jacques dans le quartier NDG.


[English version forthcoming]
Un agent du poste 11 est arrivé vers 2h10 et a appelé une ambulance. Il dit que Wilson serait tombé deux fois, se frappant la tête sur l’asphalte. D’après l’agent, Wilson était incohérent et il semblait à moitié conscient. Trois minutes plus tard, cinq autres agents sont arrivés et ils ont emmené Wilson sur le trottoir. D’après les policiers, Wilson serait devenu agité et il aurait tenté de frapper sa propre tête sur le trottoir alors que les six agents tentaient de le maîtriser. Les policiers ont décidé de coucher Wilson à plat ventre par terre et de le menotter dans le dos « pour éviter des blessures et pour le contrôler parce qu’il se débattait et que sa sécurité était en danger. » L’ambulance est arrivée à 2h20. Wilson a été attaché sur une civière et on lui a mis un masque en papier car il aurait craché et tenté de mordre un policier. D’après les ambulanciers, Wilson pleurait et appelait sa femme et sa fille, tentant de frapper sa tête sur la civière. Arrivé à l’Hôpital Général de Montréal, Wilson aurait continué à se débattre, arrachant un tube d’intraveineuse avec ses dents. Il a été drogué par une injection afin de faire un test pour voir s’il avait des traumatismes crâniens. Il a alors commencé à vomir et a respiré son vomi. Wilson a ensuite fait un arrêt cardiaque. Sa mort a été déclarée à 4h10. Wilson n’était pas armé.

Contradictions et inconsistances : D’un côté, la communauté noire a demandé pourquoi Wilson était mort et a été déçue de la lenteur des autorités puis de l’issue. De l’autre côté, les policiers et la coroner affirment que Wilson se serait tué lui-même. Un témoin a vu un groupe de six policiers qui «épinglaient » (pinning down) Wilson à terre. Wilson était en parfaite santé. La police a seulement permis à Lecita Audain, la femme de Wilson, de voir son corps trois jours après sa mort.

Suites : Une manifestation a été organisée en mars 2004 dans le quartier NDG, à laquelle plusieurs centaines de personnes ont participé pour demander Justice pour Wilson. Le maire Gérald Tremblay a envoyé une lettre au ministre de la Sécurité Publique Jacques Chagnon demandant qu’il accélère l’enquête sur cette mort, alors que ces enquêtes sur des morts impliquant des policiers prennent entre 6 mois et un an. La famille, le révérant Darryl Gray, président intérimaire d’Alliance Québec, et le groupe Black Youth in Action ont demandé une enquête publique sur cette mort. La coroner Line Duchesne a affirmé dans son rapport que les blessures à la tête de Wilson pouvaient avoir été infligées par lui-même. Elle a conclu que la cause de la mort était une intoxication alcoolique avec une aspiration pulmonaire. Elle conclut aussi que l’intervention médicale était appropriée et n’a pas contribué à la mort. Sa conclusion est qu’il s’agit d’une mort violente, mais accidentelle. Il faut noter que Duchesne est arrivée à la même conclusion dans son enquête sur la mort de Morin. La femme de Wilson, Lecita Audain, a reçu le rapport du coroner quatre mois après la mort de Wilson (elle a dû débourser 10$ pour l’avoir). Le révérant Gray a déclaré suite à la sortie du rapport du coroner : « Ce que nous avons lu est un paquet d’inconsistances. Ce que le rapport dit en fait est que Rohan s’est luimême tué. » Il a ajouté : « Même s’il a cogné sa tête quand ils le contrôlaient, comment est-ce que sixpoliciers n’ont pas pu l’empêcher de se blesser lui-même, si c’était en fait, ce qu’il s’est passé? Il ne seserait jamais étouffé dans son propre vomi si la police avait géré la situation d’une autre façon. » Lecita Audain, la femme de Wilson, a dit : « Ils ne veulent pas être blâmés. Ils ont trop de pouvoir pour être blâmés. » La SQ, qui avait d’abord affirmé qu’il n’y avait pas de traces de violence sur son corps, a ensuite conclu qu’il n’y avait eu aucune infraction criminelle et qu’aucune accusation ne serait déposée contre les policiers impliqués. La police de Montréal n’a pas commenté l’affaire… Des policiers anonymes ont dit à The Gazette qu’il est « virtuellement impossible » de maîtriser quelqu’un qui est agité et « auto-destructeur » (self-destructive), surtout avec la peur d’être mordu.

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