COBP: Martin Suazo, 23 ans

Le lundi 31 mai 1995 à 17h50, Martin Omar Suazo, un Péruvien âgé de 23 ans, reçoit une balle dans la tête tirée par l’agent Michel Garneau du poste 33 (partenaire de Dominic Chartier lors de cet incident) face au 2040 St-Laurent.


[English version forthcoming]

Résumé du cas : L’événement débute par un vol à l’étalage à la boutique de vêtements Galaxie Bleue au 276 Ste-Catherine Ouest, au cours de laquelle un employé serait blessé, d’après un agent du poste 25. Les agents Garneau et Chartier interceptent donc l’auto dans laquelle prennent place Suazo, sa copine et un autre jeune. Alors que Suazo est à genoux et s’apprête à se coucher à terre, l’agent Garneau lui tire une balle dans la tête. Il s’agirait d’une mort accidentelle, le coup serait parti tout seul d’après Garneau.

Contradictions et inconsistances : D’un côté, des témoins civils prétendent que Suazo est calme, qu’ilne résiste pas à son arrestation et décède d’un coup de feu inopiné par un agent lui ordonnant de secoucher par terre. Suazo était sous contrôle, à genoux, entouré par une douzaine d’agents du SPCUM etsur le point d’être menotté. De l’autre côté, l’agent Garneau prétend que le coup est parti tout seul etqu’il n’a pas actionné la gâchette. Certains témoins disent qu’il s’est fait tirer dessus à une distance de dix centimètres; l’agent dit soixante centimètres. Le lieutenant Pablo Palacios, le policier le plus hautgradé sur la scène de l’événement, a tout vu mais il a caché ce fait aux enquêteurs de la SQ en rédigeant un faux rapport. Il a par la suite fait un autre rapport racontant tout ce qu’il a vu pour le bénéfice de ses supérieurs à la police de Montréal. Il ne s’est pas présenté à l’enquête publique du coroner pour témoigner.

Suites : Le policier Michel Garneau a été reconnu coupable en déontologie policière d’une mauvaise utilisation d’une arme à feu. Le lieutenant Pablo Palacios (le même que dans l’affaire François) a été accusé au criminel d’entrave à la justice pour avoir camouflé des faits lors de l’enquête policière. La mère de Suazo a reçu une compensation financière de 3 000$ suite à une entente hors cours dans le cadre d’une poursuite civile. Les autorités ont aussi obtenu une injonction de la Cour supérieure du Québec interdisant la publication du nom du policier assassin : Michel Garneau. Le MAJ a demandé une enquête publique sur l’enquête de la SQ, au sujet des actes déviants commis par les policiers enquêteurs et d’autres policiers, proposant en échange d’annuler sa plainte en déontologie contre le policier Pablo Palacios, la plainte criminelle privée contre Palacios et celle contre Gaëtan Rivest. Après une enquête de la SQ et une enquête publique du coroner, la décision de ne porter aucune accusation contre l’ agent Garneau est annoncée le 14 septembre 1995.


[Extrait du texte D’Anthony Griffin à Mohamed Anas Bennis: Enquête sur 40 personnes tuées par la police de Montréal en 20 ans (1987-2006), reproduit sans permission; tiré du site Internet du Collectif opposé à la brutalité policière. Le COBP n’est aucunement impliqué dans la conception de ce site Internet.]

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