COBP: Jean-Pierre Lizotte, 45 ans

Le 5 septembre 1999, Jean-Pierre Lizotte, un itinérant âgé de 45 ans, a été battu par les agents Giovanni Stante et Sylvain Fouquet, ainsi que par le bouncer du Shed Café, situé au 3515 rue St-Laurent.


[English version follows]

Résumé du cas : Lizotte avait déjà été frappé au moins deux fois au visage quand la police est arrivée sur les lieux, suite à de supposés actes indécents. Deux agents du SPVM, Giovanni Stante et Sylvain Fouquette, ont mis leurs gants de cuir et décidé d’arrêter Lizotte. Ils l’ont battu à coups de poings au visage pendant que le portier du Shed Café lui tenait les bras et la nuque par en arrière (en faisant la prise de lutte appelée Full Nelson). Alors qu’il est paralysé de la tête aux pieds, ils menottent Lizotte et l’embarquent dans leur auto-patrouille, laissant beaucoup de sang sur le trottoir. Lizotte est mort à l’hôpital le 16 octobre, de blessures aux vertèbres.

Contradictions et inconsistances : L’état-major du SPVM met 53 jours avant de rendre publique la mort de Lizotte. Ce n’est qu’en décembre, après que le conseiller municipal Marcel Sévigny demande à la Commission de la Sécurité publique de la Ville de Montréal pourquoi le SPVM a gardé secrète la mort de Lizotte que les médias en parlent. Nous devons nous demander : Combien il y a d’autres affaires Lizotte dans les placards du SPVM?

Suites : Le 15 mars 2000, jour même de la 4ième manifestation pour la Journée Internationale Contre la Brutalité Policière, le procureur en chef du district de Longueuil annonça qu’il ordonnait la tenue d’une pré-enquête à hui-clos « à des fins de plus grande transparence »(!). Au lieu de déposer des accusations contre les policiers ayant battu Lizotte, la Couronne relançait ainsi la balle à un juge de la Cour du Québec. Finalement, l’agent Giovanni Stante et le portier du Shed Café Steve Deschâtelets ont été accusés au criminel d’homicide involontaire, de voies de fait graves et d’avoir causé des lésions corporelles à Lizotte. Il est clair que le policier a donné des coups au visage de Lizotte alors que ce dernier était déjà maintenu par le portier du Shed Café. Pourtant, Stante a été acquitté de toutes les accusations. Le juge Frazer Martin, qui trouvait que six semaines de procès était trop long, a affirmé que le tabassage fatal de Lizotte n’était qu’« un incident de 10 minutes »! Le procureur de la Couronne, Me Michel Breton, n’a pas montré autant de zèle que l’avocats du policier, Me Michael Stober, et n’a pas porté le verdict d’acquittement en appel, malgré qu’il aurait eu de bonnes raisons de le faire. Stante a été suspendu sans solde durant les procédures judiciaires, puis il a réintégré le SPVM. Le deuxième policier impliqué, Sylvain Fouquette, n’a jamais été accusé, mais la Couronne l’a recruté comme témoin contre Stante… Une plainte en déontologie a été déposée contre les deux policiers impliqués dans l’arrestation. Une poursuite civile a aussi été intentée par le frère de Jean-Pierre Lizotte. Le MAJ a annoncé vouloir intenter une poursuite criminelle pour entrave à la justice contre des policiers chargés d’enquêter sur ce dossier. Le MAJ a demandé une enquête du ministre de la Sécurité Publique sur la gestion administrative du dossier par la direction du SPVM, car celle faite par le SPVM n’est pas crédible.


[Extrait du texte D’Anthony Griffin à Mohamed Anas Bennis: Enquête sur 40 personnes tuées par la police de Montréal en 20 ans (1987-2006), reproduit sans permission; tiré du site Internet du Collectif opposé à la brutalité policière. Le COBP n’est aucunement impliqué dans la conception de ce site Internet.]

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