COBP: Anthony Griffin, 19 ans

Le 11 novembre 1987 à 7h00, Anthony Griffin, Jamaïcain âgé de 19 ans, a reçu une balle dans le front, tirée par l’agent Allan Gosset dans le stationnement à l’arrière du poste 15, situé au 4574 Mariette dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.
[English version forthcoming]
Résumé du cas : L’agent Allan Gosset a répondu à un appel d’un chauffeur de taxi qui se plaignait que Griffin refusait de payer sa course. Quand les policiers arrivent, il ne maintient plus sa plainte. Les policiers vérifient l’identité de Griffin en le faisant monter dans leur auto après une fouille sommaire. Il donne une fausse identité. Les policiers se rendent compte qu’il est recherché pour un mandat qui n’était pas relié. Arrivé au poste 15, Gosset a ouvert la porte et Griffin se serait enfui en courant. Gosset a dégainé son revolver en courant et il a ordonné à Griffin de s’arrêter ou sinon il allait tirer. Griffin s’est arrêté et quand Gosset lui a ordonné de se retourner il s’est retourné. À ce moment, Gosset lui a tiré une balle en plein front. Griffin a été emmené à l’hôpital où il est mort le jour même sans avoir
repris conscience. Il s’agit d’une mort accidentelle d’après Gosset, qui invoque comme motif qu’il voulait simplement contrôler à distance Griffin, qui n’était pas armé.
Contradictions et inconsistances : D’un côté, la communauté Noire dénonce un crime raciste du fait que la victime a la peau noire, n’est pas armée et est abattue par un policier impliqué dans un autre incident raciste en 1981. De l’autre côté, l’avocat du policier (qui n’est nul autre que Serge Ménard, qui sera plus tard Ministre de la Sécurité publique…) prétend que l’arme pouvant tirer en simple action se déclenche toute seule et que l’attitude du suspect tentant de fuir puis feignant de boxer apparaît comme menaçante aux yeux du policier. La question de pourquoi l’agent avait armé son arme s’il n’avait pas l’intention de tirer se pose. D’après Gosset, il ne sait pas comment son revolver s’est armé et dit que le coup est parti tout seul, par accident. Gosset affirme que Griffin tentait de s’enfuir, mais il avait obéi à l’ordre de s’arrêter.
Suites : Suite à une enquête du SPCUM, une accusation de négligence criminelle a été portée contre l’agent Gosset le 21 novembre 1987. Il a été acquitté le 25 février 1988. Le même jour, la mère de Griffin dépose une poursuite au civil. Le 9 juillet 1988, le chef du SPCUM Bourget renvoie Gosset. Le 25 août 1989, Gosset est réintégré. Il demande sa retraite le 22 janvier 1990. Le 22 juillet 1990, suite à un premier jugement civil, la CUM reconnaît sa responsabilité mais nie les intentions malveillantes de Gosset et juge le montant des compensations trop élevé. La Cour d’appel ordonne un nouveau procès, puis la Cour Suprême aussi, ce qui mène à un second acquittement le 9 avril 1994.

[Extrait du texte D’Anthony Griffin à Mohamed Anas Bennis: Enquête sur 40 personnes tuées par la police de Montréal en 20 ans (1987-2006), reproduit sans permission; tiré du site Internet du Collectif opposé à la brutalité policière. Le COBP n’est aucunement impliqué dans la conception de ce site Internet.]

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